Santa Cruz, au bout du monde

arrivée au Paradis

Pol
17 mai 2021

Nous voilà dans l’avion qui nous enlève des Galapagos... Nous venons de passer deux semaines exceptionnelles sur les trois îles principales et le départ est un peu dur. Pour ma part, c’est la première fois du voyage que je fais mon sac à contre cœur... Mais c’est ainsi, le monde est vaste et nous allons profiter à fond des trois mois qui nous restent...

Pour rejoindre les Galápagos, nous faisons un passage éclair a Quito. Nous arrivons un vendredi soir et l’équateur est confiné le weekend. Mais ici, on ne rigole pas avec le confinement apparemment. Nous sentons qu’il ne faut pas trainer dehors... Arrivés a l’hôtel, je me précipite dans la salle de bain. Nous avons traversé l’équateur et je suis tout content de voir que l’eau coule dans le siphon dans un vortex inverse aux aiguilles d’une montre, donc a l’inverse de chez nous !
Bon, on se dépêche d’aller dormir, parce que demain, c’est encore un lever à 5h pour reprendre un vol... le lendemain, tout se passe bien dans le début du parcours du conquérant des Galápagos. Arrivés en avance, nous passons sans encombre le poste de migration spécial pour les îles, avec vérification des billets, tests pcr, salvoconducto... Ensuite, il y a la vérification des bagages. Pas de sac plastique, pas de fruits a graines ? Nos sacs sont scellés et nous pouvons aller faire le check-in... Je me félicite de la facilité de ce que je pensais être un moment compliqué quand l’hôtesse de la compagnie nous annonce qu’il y a un soucis sur nos billets. Les étrangers doivent payer le prix "premium" et apparemment nous avons pris des billets aux tarifs équatoriens...
L’affaire se conclut avec un “réajustement” de 168$ par tête. Aie !
Enfin, plaie d’argent n’est pas mortelle. A ce prix là, nous n’aurions peut être pas acheté ces billets et nous serions passés à côté d’une magnifique découverte...

Arrivés au petit aéroport de Baltra, l’air est chaud et les paysages arides. Nous finissons toutes les démarches administratives pour avoir enfin le beau tampon des Galápagos sur nos passeports. Avant de récupérer nos sacs, ils sont reniflés par un vieux chien de police, qui n’a visiblement pas très envie de bosser... la scène est amusante, mais nous sommes contents qu’il n’ait rien senti d’anormal pour nos sacs.
 L’aéroport est sur une petite île, à l’opposé de la seule ville de l’île de Santa Cruz. Il nous faut encore prendre un bus, puis un ferry de 10mn pour traverser sur l’autre île et enfin un deuxième bus pour rejoindre Puerto Ayora. De quoi occuper encore une bonne heure et demi.
Une fois installés a l’hôtel, nous sortons nous balader. C’est là que la magie opère vraiment... nous rencontrons nos premiers lions de mer (des otaries, quoi), qui dorment paisiblement sur les bancs publics, des petits iguanes marins se prélassant sur les pontons alors que des requins a pointe noire juvéniles nagent juste en dessous.
Sur le port il y a un espace de jeu et un terrain de sport. Nous arrivons a l’heure du cours de skate, Gabriel est tout content, il a repéré un garçon qui parle Français. Il court se faire un copain et refait le monde avec son nouveau pote assis en haut d’une rampe. Nous discutons avec la maman, une expat française qui travaille pour le gouvernement équatorien et qui nous parle de la vie d’ici, des réorganisations du confinement, de la prise de conscience de l’importance de la communauté une fois les touristes disparus l'année dernière...
Le lendemain, nous allons nous balader a Tortuga bay. C’est une immense plage de sable blanc, uniquement accessible à pieds. Nous marchons une bonne demi heure sur un petit chemin de pierres pour y arriver, dans une forêt de manzanillos (un arbre très toxique) et de cactus.
Les tortues marines viennent pondre sur cette plage. Les vagues et les courants y sont forts. Pour se baigner, il faut aller tout au bout de la plage, il y a une petite crique un peu protégée et encore un peu plus loin, une autre plage donne sur une baie calme. C’est entre ces deux plages qu’habitent une grande colonie d’iguanes marins, bien plus grands que ceux du port. Avec leur peau noire, leurs épines et leurs écailles sur la tête, ils semblent terrifiants ! Ce sont pourtant de grosses bêtes très placides qui profitent du soleil en se faisant des câlins ! De temps en temps, l’un d’entre eux se dirige vers l’eau et nage vers le large pour aller manger des herbes sous l’eau. Il est interdit de s’approcher d’eux à moins de deux mètres. C’est une espèce d’animaux qui n’existe que sur ces îles et qui est aujourd’hui menacée... il semblerait que la population ré-augmente un peu ces dernières années.
 Nous faisons une longue pause sur la plage Mansa, à l’ombre des arbres. Pour ne pas abîmer les branches il y a plein de porte manteaux plantés dans le sol. Nous admirons le bon sens des Galapagaisiens. Après la pause, en me baladant près de la petite crique, je remarque qu’il y a des petits requins dans l’eau. Je vais alors vite chercher mon masque, mon tuba et ma famille... Nager avec des requins, même des petits, ça c’est une expérience ! Ils font une cinquantaine de centimètres de long et se baladent entre 2m et 20cm de fond. Nous les observons d’abord entre nos pieds puis sous l’eau avec les masques. Gab est particulièrement ravi !
Sur le retour, nous rencontrons une famille portugaise. Avec leur trois enfants, ils voyagent en voilier. Initialement partis pour deux ans, ils ont décidé de doubler leur voyage et ne rentrerons qu’au bout de quatre ans à parcourir le monde ! Comme nous, ils n'avaient pas prévu de venir aux Galápagos, mais une panne électrique sur leur bateau les y a obligés. Ils passent donc trois semaines ici en attendant des pièces qui doivent arriver d’Europe. Ils nous invitent à venir visiter leur maison à voile, avec apéro et Lego party, mais nous devons abréger rapidement, Claire n’ayant paaaas du tout le pied marin... Depuis, nous avons appris qu’ils sont partis pour les Marquises, au moins 11 jours sans voir la Terre...

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On nous avait dit que le poisson était très bon marché ici. Nous nous rendons donc au port des pêcheurs acheter des tranches de thon rouge pour 3$ la livre ! Autour des poissonniers se dresse une armée de pélicans qui quémandent les restes. Quelques otaries sont sous l’étal aussi, en guise de poubelles pour déchets poissonniers. Le spectacle est pittoresque. Il amuse les quelques touristes mais nous voyons bien que ça ne fait plus rire les marchands depuis longtemps. Pourtant, ici comme sur toutes les îles, ils cohabitent avec ces animaux, naturellement, et s’ils les repoussent quand ils s’approchent un peu trop des poissons, il n’est pas question de les chasser. De façon générale, aux Galápagos, nous sentons que les hommes n’ont pas oublié qu’ils font partie de la Nature et toutes les espèces, jusqu’à l’espèce humaine, cohabitent a peu près tranquillement. Toujours est-il que le thon était excellent autant cru, pour moi, que mi-cuit pour le reste de la troupe !

A Santa Cruz, nous allons également rencontrer les stars des Galápagos... les tortues géantes. Comme dit Faustine, ici tous les animaux se nomment “des Galápagos”... les tortues de terre ou marines, les requins, même les pinsons qui ont inspiré à Charles Darwin l’idée d’évolution des espèces... Nous nous rendons donc dans une ferme au centre de l’île voir ces tortues géantes des Galápagos. Nous voyons des spécimens de plus de 160ans !! C’est assez émouvant de voir ces vieux animaux qui ne s’inquiètent quasiment pas de la présence d’humains a leurs côtés. C’est d’ailleurs une constante chez les animaux galapagaisiens, ils s’accommodent de la présence de l’homme très facilement. Les iguanes marins ou les tortues n’ont pas de prédateurs à l’état adulte ( à part, pour les iguanes qui commencent à craindre les chiens et les chats importés par l’homme, ces dernières années) et n’ont donc pas tellement peur. Sous l’eau, ici comme ailleurs, c’est la même chose. Si l’on garde un minimum de distance, les tortues, les raies et autres poissons sont assez indifférents à notre présence.
Pour en revenir aux tortues géantes, elles viennent dans la “ferme” d’el Chato pour se nourrir, car la nourriture est plus abondantes en altitude, et pour se reproduire. Les femelles redescendent alors à 20km de là, où la terre est plus meuble que la roche volcanique du coin pour pondre leurs œufs, plusieurs fois par an. Ces tortues sont donc sauvages et n’”appartiennent” pas à la ferme !

Nous rencontrons aussi ici une autre espèce étrange. Nous passons un moment à discuter avec Philippe, artiste peintre et musicien qui passe ses journées ici. Il a quitté la Belgique pour venir s’installer sur l’île il y a 50 ans, quand il y avait très peu de monde ici. “ j’embête personne, personne ne m’embête”... Il a adopté la sagesse des animaux de l’île ! Il peint, donc, et essaie de créer une école, un courant artistique propre aux îles, avec d’autres artistes. Il nous parle aussi de la tendresse des tortues et des marques d’affections dont elles peuvent faire preuve, ce qui semble être un autre mystère scientifique, vu la petite taille de leur cerveau... une belle rencontre, encore, trop vite terminée. “C’est bien le problème, les touristes n’ont pas de temps” nous dit il quand on se presse pour retrouver notre guide...

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Dernière aventure à Santa Cruz, j’ai réservé une plongée. Après un changement de club de dernière minute pour un problème de réservation, on me propose d’aller à "Gordon Rocks", un des spots de plongée les plus fameux des îles ! Ce site demande un minimum d’expérience car il y a de la profondeur et des courants. C’est donc avec des plongeurs aguerris que nous partons, ce qui est assez agréable, plus fluide, peut-être... Nous faisons 2 plongées sur la journée et c’est un véritable spectacle ! On a parfois du mal à savoir où regarder, la tortue à gauche, les requins marteaux à droite, le requin des Galápagos qui passe au dessus... les requins à pointe blanche, immobiles au sol sont plus tranquilles. Du coup, avec ces stars ont fait peu attention à la multitude de petits poissons autour ! Voilà de quoi fêter dignement ma cinquantième plongée !

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Mots-clés: animaux, Galapagos, Equateur

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